
أنا ضايعة،
في شوارع نظيفة ما بتعرف صوت الركام،
بين أشجار خضرا ما شمّت ريحة الحريق،
تحت سما صافية ما حضنت دخان الحرب،
عم أمشي، بس ما عم بلاقي أثري…
وين الناس اللي بتصرخ؟
وين الزوايا اللي عاشت وجعي؟
،أنا ضايعة ça veut dire je suis perdue.
Perdue dans une ville trop calme
pour mon cœur en tempête.
Ici, les trottoirs ne crient pas.
Les murs ne pleurent pas.
Tout est à sa place… sauf moi.
Les arbres ici grandissent droits,
leurs racines ne connaissent pas la panique,
elles n’ont jamais dû fuir la terre qu’elles étreignaient
Et le vent souffle doucement,
Beaucoup trop doucement…
Il ne porte ni cendres, ni nouvelles, ni noms de disparus.
La pluie ici est timide, polie,
elle ne tambourine pas contre les vitres
comme les bombes de ma ville.
Elle ne lave rien,
elle arrose…
أنا ضايعة، بين نهر بيجري بلا دم،
بين شمس ما غابت عن خوف،
بين قمر ما سهر على صلاة.
Même les oiseaux chantent faux,
leurs notes ne saignent pas.
Ils n’ont jamais vu un nid réduit en poussière.
Les boutiques ici brillent sous des néons bienveillants,
pas une vitre brisée, pas un rideau tiré à la hâte.
Chaque rue est une vitrine de paix,
et moi, j’ai l’odeur du rationnement entre les côtes.
Je marche parmi l’abondance
avec un ventre qui se souvient de la faim.
والأرض؟
الأرض تحت رجلي صلبة.
C’est une terre sans mémoire de douleur,
un sol sans cicatrices
Et moi…
أنا ضايعة.
I’m simply just lost,
in a world where the sea has never learned to grieve,
where the air is untouched by screams,
where nothing burns,
and nothing remembers burning.
Lost,
in a place where the silence is not survival,
but design.
Where the calm is not a gift,
just the way things are.
And me—
I come from noise that meant we were alive.
From chaos that carved who we are.
Here, nothing fractures,
And I only know how to lay down where there is shattered glass.
Léa El kouch
October 2026

Featured Image by Léa El kouch

